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LMNP : ce qui a changé avec la réforme 2025

Par Jean Bilusis — Premier Bien

Pendant des années, le LMNP au régime réel a eu la réputation d'être un peu le "paradis fiscal" de l'investissement locatif. Depuis le 15 février 2025, ce n'est plus tout à fait vrai — et si vous envisagez ce statut pour votre premier investissement, mieux vaut comprendre ce qui a changé avant de vous lancer.

Le petit rappel : comment ça marchait avant

Le LMNP au régime réel permettait un vrai "deux pour un" fiscal — sans pour autant être le paradis fiscal absolu qu'on lui prête parfois :

1. Chaque année, vous pouviez déduire l'amortissement de votre bien (son "usure comptable") de vos revenus locatifs — ce qui faisait souvent tomber votre impôt sur les loyers à zéro, ou presque. Attention cependant à une confusion fréquente : seuls les intérêts d'emprunt sont déductibles, pas la mensualité de crédit dans son ensemble. La part de capital que vous remboursez chaque mois, elle, ne réduit jamais votre revenu imposable — c'est un point que beaucoup de primo-investisseurs découvrent tardivement.

2. Le jour où vous revendiez le bien, ces amortissements n'étaient jamais "rattrapés" par le fisc. La plus-value se calculait simplement : prix de vente moins prix d'achat, comme pour n'importe quel bien classique.

Autrement dit : vous touchiez l'avantage fiscal une fois pendant la location, et une seconde fois à la revente, sans jamais rien reverser sur l'amortissement utilisé. C'est cette combinaison qui rendait le LMNP si attractif.

Ce qui change depuis le 15 février 2025

La loi de finances 2025 (article 84) met fin à ce double avantage : désormais, les amortissements que vous avez déduits pendant la location sont réintégrés dans le calcul de la plus-value au moment de la revente.

Concrètement, ça revient à dire : le prix d'achat qu'on retient pour calculer votre plus-value diminue du montant total que vous avez amorti — donc votre plus-value imposable augmente d'autant. C'est un paramètre à intégrer dans votre calcul de rendement net-net, puisqu'il touche directement ce que vous touchez réellement à la revente.

Un exemple pour bien visualiser

Prenons un cas simple :

Avant la réforme : plus-value = 250 000 € − 200 000 € = 50 000 € imposables

Depuis la réforme : le prix d'achat retenu tombe à 200 000 € − 50 000 € = 150 000 €, donc plus-value brute = 250 000 € − 150 000 € = 100 000 €, avant prise en compte des éventuels frais, travaux et abattements pour durée de détention

Le montant imposable a doublé, uniquement à cause de ce changement de calcul — sans que le prix de vente ou d'achat n'ait bougé d'un centime.

Qui est concerné ?

Uniquement les propriétaires en LMNP au régime réel (celui où on déduit charges et amortissements). Si vous êtes au micro-BIC (l'abattement forfaitaire de 50%, sans amortissement à déduire), cette réforme ne vous concerne pas — il n'y a jamais eu d'amortissement à réintégrer.

Autre point important : la réforme s'applique même aux amortissements que vous avez déjà déduits avant 2025. Ce n'est pas rétroactif sur les impôts déjà payés, mais ça s'applique dès votre prochaine revente, quelle que soit la date d'achat du bien.

La bonne nouvelle qui atténue un peu tout ça

Comme pour n'importe quelle plus-value immobilière, des abattements pour durée de détention viennent réduire l'imposition plus vous gardez le bien longtemps. Concrètement, l'impôt sur le revenu est totalement exonéré après 22 ans de détention, tandis que les prélèvements sociaux ne le sont qu'après 30 ans. L'exonération totale n'est donc acquise qu'à partir de 30 ans, mais elle se construit progressivement dès 22 ans côté impôt sur le revenu. Ce n'est pas une solution si vous comptez revendre dans 5 ou 10 ans, mais ça relativise l'impact pour un investissement pensé sur le très long terme.

À noter : certains biens situés dans des résidences-services (notamment certaines résidences étudiantes, seniors ou pour personnes handicapées) bénéficient d'une exception à cette règle de réintégration des amortissements — un point à vérifier avec un professionnel si votre bien entre dans ce cas de figure.

Ce que ça change concrètement pour votre stratégie

Si vous envisagez le LMNP pour votre premier investissement, ça ne veut pas dire qu'il faut l'écarter — le statut reste intéressant pour réduire votre imposition pendant la phase de location. Mais ça change la donne sur un point important : il faut désormais penser la revente dès le départ, et pas seulement optimiser l'impôt sur les loyers au fil de l'eau.

Concrètement, ça signifie :

Ce que je recommande, concrètement

Le LMNP reste un outil fiscal pertinent, mais il n'est plus le coup gagnant "sans contrepartie" qu'il pouvait sembler être. La bonne décision dépend de votre horizon d'investissement, de votre stratégie de sortie, et de votre situation fiscale globale — un arbitrage qui rejoint d'ailleurs la question de la structure juridique (nom propre ou SCI) à choisir dès le départ.


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